Feedspot : suivre des mots clefs sur internet

par Louis Roché - le 11/05/2010 - dans informatique, internet, médias - avec 3 commentaires

S'il y a une chose pour laquelle je suis vraiment passionné, plus que pour toutes autres choses, c'est pour l'information. J'ai besoin de savoir ce qui se passe dans le monde, les nouveautés, les incidents... Pour ça, il faut se construire un réseau d'information.

Il y a bien sûr les médias classiques comme la télévision ou la radio. Même incomplets, ils permettent d'orienter les recherches de la journée et d'en faire un résumé. Au fil du temps passé sur internet, on remarque aussi des sites d'information, qu'ils soient classiques comme Le Monde ou rue89, ou qu'ils soient plus spécialisés comme framasoft. Depuis peu, on a aussi identi.ca et twitter. Mais il n'est pas vraiment simple de faire le tour de ces sites dans la journée sans passer à côté d'une information ou sans oublier un site. Un outil très pratique est donc le flux RSS. Je reçois ainsi environ 5000 news par jour.

Même comme ça, on passe à côté de nombreuses informations. Se créer un réseau est aussi très long. Si j'essaye de m'informer au quotidien sur la musique indépendante par exemple, je vais devoir à nouveau passer du temps à chercher des blogs, des sites, des personnes intéressantes. Je devrais faire un trie, supprimer et rajouter des flux. Et une nouvelle fois, j'aurais une bonne information, mais toujours incomplète et demandant une bonne dose d'énergie.

J'ai découvert il y a peu, grâce au site du zero, un outil qui va modifier ma façon de rechercher l'information et de construire mon réseau. Cet outil c'est feedspot. Feedspot regroupe un grand nombre d'article sur internet et on va piocher dans ces articles. On choisit des mots ou des expressions, la pertinence minimale (calculée en fonction des occurrences, de la taille du texte et d'autres éléments) et on obtient un flux rss avec les articles qui contiennent nos mots ou expressions.

Cet outil a plusieurs avantages. Le premier est surement la simplicité pour obtenir un grand nombre d'information sur un sujet. Si on veut suivre au plus près l'actualité sur le volcan qui a immobilisé l'europe, on peut se créer un flux complet très rapidement. Le second avantage est la vitesse à laquelle on va pouvoir se créer un réseau d'information sur un sujet. On obtient un bon nombre d'article avec feedspot, on ressort les sources les plus intéressantes et on en fait des sources privilégiées. Le troisième avantage est le balayage plus complet du web que ce qu'on ferait à la main. Ça permet de lire des articles très intéressants à côté desquels on serait passé dans un autre cas.

Feedspot est un outil plutôt récent, encore en test et qui progresse au quotidien. Je vous le recommande chaudement. N'oubliez pas de faire un retour à l'auteur au passage. Il est en recherche de réactions et est très à l'écoute. Bien sûr, si vous passiez des heures à lire des articles ou billets toute la journée, ça ne va pas s'arranger, mais ce n'est pas bien grave.

Feedspot est l'oeuvre de palkeo.

Haïti : les limites de l'utilité des médias

par Louis Roché - le 19/01/2010 - dans Haïti, médias, monde - avec aucun commentaire

Je fais partie de ceux qui pensent que les médias devraient avoir accès à un maximum d'informations et qu'ils doivent les partager. Je pense qu'ils jouent un rôle essentiel dans notre société en nous informant que ce soit dans des domaines économiques, politiques ou autre. Mais avec le tremblement de terre de Haïti je pense qu'on peut voir les limites de ce système et les problèmes qu'il pose.

Dans un premier temps quand on regarde les informations sur Haïti, la réaction du public et des politiques, on peut être plutôt satisfait. Mobilisation générale, l'aide qui s'organise, un grand élan de solidarité. Ca fait plaisir de voir que l'humanité n'est pas totalement mauvaise. Mais quand on voit ce qu'est devenu Haïti, surtout sur un plan politique, trois jours après la catastrophe, le constat est beaucoup moins bon.

Haïti s'est transformé en grand évènement médiatique où nos dirigeants essayent de se montrer a leur avantage. Les Etats-Unis envoient des milliers d'hommes, un porte avion, débloquent de l'argent à une vitesse record. Le Brésil, la France, le Canada participent eux aussi à l'effort, accompagnés par une longue liste de pays. Il y a une grande course entre les états, c'est à celui qui fournira le plus d'aide le plus rapidement. Qui va être le plus gentil de tous les pays du monde ? Sauf que ces pays qui veulent aider Haïti devraient s'entraider, coordonner leur effort. Au lieu de ça ils se mettent des bâtons dans les roues. Les Etats-Unis prennent le contrôle de l'aéroport et empêchent certains avions de se poser, des alliances sont créées pour savoir qui va participer à la reconstruction de Haïti et ceux qui ne font pas parti du club sont déçus. Je pense qu'on peut très bien le voir dans l'article Les Etats-Unis, le Canada et le Brésil en pointe en Haïti publié sur lemonde.fr. Les Etats-Unis, le Canada et le Brésil prennent l'initiative pour organiser le futur de Haïti et les pays européens sont vexés de ne pas être consultés. D'ailleurs ils ne sont pas les seuls. Que vaut l'avis du gouvernement de Haïti a cet instant ? Sans doute pas grand-chose quand on voit la manière dont l'autorité sur l'aéroport a été cédée aux Etats-Unis (je viens, je prends le contrôle, je demande l'autorisation ensuite).

Ce qui devait être un magnifique élan de générosité s'est transformé en guerre d'influence où tout le monde cherche à se faire voir, à améliorer son image. Obama ne veut pas qu'on dise qu'il a été lent à réagir comme Bush lors de Katrina, alors il est hyperactif. Les autres pays envoient leur aide en masse sans se soucier qu'elle serve sur place (exemple du riz et des pattes qui ne sont pas des aliments utiles : on ne dispose pas des ressources nécessaires pour les faire cuir). Les sauveteurs qui sont en nombre se concentrent sur les édifices où sont situés les étrangers. On a finalement oublié que c'est les haïtiens les premiers concernés par cette catastrophe.

Sans l'omniprésence des médias, qui nous font crouler sous les informations venant de Haïti, l'aide aurait sans doute été moins importante. Mais peut-être aurait elle été plus organisée, plus honnête et surtout plus utile aux haïtiens.

Séisme à Haïti : ou comment soigner de la grippe H1N1

par Louis Roché - le 13/01/2010 - dans Haïti, communication, manipulation, médias - avec aucun commentaire

Ce n'est pas la première fois que j'observe ce phénomène et ce n'est surement pas la dernière. Les médias nous martèlent avec une information soit disant horrible, nous devions tous mourir de la grippe A, et il suffit que nous ayons une information meurtrière pour ne plus entendre parler de l'épouvantable pandémie. Ce schéma marche particulièrement bien avec la grippe. Vous vous souvenez sans doute de la grippe aviaire qui avait commencé à se répandre courant 2005. La France était affolée, on abattait tous les élevages de volailles contaminés, nous ne trouvions pas de solutions. Et un miracle est arrivé. Les banlieues ont pris feu et les émeutes se sont multipliées. A l'époque aussi il n'avait pas fallu une semaine pour voir disparaitre totalement de l'actualité les informations sur la grippe.

Il ne faut pas être un génie pour observer que nos grands médias adorent tout ce qui est sanglant, meurtrier ou peut faire peur, mais je trouve que nous avons atteint un point ou seul le spectacle compte. Il faut que ça bouge, qu'il y ait de l'action, que des gens tombent.
Ce que je trouve encore plus dommage est que ce constat peut se faire pour un nombre de médias de plus en plus important, que ce soit dans la presse écrite, à la radio, à la télévision ou sur internet. Il faut suivre un type d'informations très spécifique pour espérer échapper aux catastrophes quotidiennes.

Je pense qu'il y a vraiment la place pour développer une source d'information sérieuse qui ne se concentre pas sur les morts ou la couleur du pain en campagne quand trois centimètres de neige sont tombés. Reste à réfléchir sur la forme de cette source d'informations et comment la développer.